Les Patriotes, parti fondé par Florian Philippot en septembre 2017 après sa rupture avec le Front national, concentrent leur stratégie sur un triptyque : sortie de l’Union européenne, retrait de l’OTAN et reconquête de la souveraineté monétaire. À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, le mouvement multiplie les événements militants et les prises de position sur la politique étrangère française. Quels sont les axes concrets de cette mobilisation et comment le parti structure-t-il sa visibilité sur le terrain ?
Assises de la souveraineté à Arras : ce que révèle la stratégie de coalition
Le 12 septembre 2026, Les Patriotes ont organisé les « Assises de la souveraineté » à Arras. Selon Franceinfo, plus de 3 500 personnes étaient présentes, tandis que l’organisateur a revendiqué plus de 4 000 participants. L’écart entre ces deux estimations reste modeste, mais il illustre un phénomène classique de communication militante.
L’événement ne se limitait pas à un meeting partisan. Plusieurs personnalités extérieures au mouvement y ont pris la parole : Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade, Caroline Galactéros, Alexis Poulin et André Bercoff. Cette liste dessine un réseau souverainiste transpartisan que Florian Philippot cherche à fédérer bien au-delà de sa base électorale historique.
Les thèmes abordés à Arras (guerre en Ukraine, sanctions contre la Russie, rôle de l’OTAN) positionnent le mouvement sur un créneau de politique étrangère rarement occupé par les petits partis français. Pour suivre l’ensemble des positions et publications du mouvement, la page maison sur Les Patriotes centralise les prises de parole officielles et les comptes rendus d’événements.

Programme 2027 des Patriotes : les propositions clés comparées aux engagements précédents
Le projet présenté pour 2027 élargit le Frexit à une rupture avec plusieurs institutions internationales. Un tableau permet de visualiser la cohérence (ou l’évolution) des engagements du mouvement.
| Axe programmatique | Position affichée | Marqueur de campagne |
|---|---|---|
| Union européenne | Sortie complète (Frexit) | Thème central depuis 2017 |
| OTAN | Retrait de la France | Renforcé depuis le conflit en Ukraine |
| Politique monétaire | Retour au franc | Présent dès la fondation du parti |
| Financement de l’Ukraine | Arrêt immédiat | Axe majeur depuis 2022 |
| Pouvoir d’achat | Baisse des impôts, lien avec la souveraineté | Associé au Frexit lors des mobilisations 2026 |
Lors de la mobilisation parisienne du 3 octobre 2026, Florian Philippot a de nouveau associé la sortie de l’UE à la baisse des impôts et à la défense du pouvoir d’achat. Ce couplage entre souveraineté et questions sociales constitue le pivot rhétorique du mouvement pour 2027.
Un positionnement de politique étrangère inhabituel pour un petit parti
La plupart des formations souverainistes françaises placent l’immigration ou l’identité culturelle au centre de leur discours. Les Patriotes se distinguent par une focalisation sur les relations internationales et les alliances militaires. Ce choix réduit leur base potentielle sur certains sujets, mais leur confère une identité programmatique lisible.
Rassemblements terrain en octobre 2026 : maillage local et thèmes récurrents
Le mouvement organise des rassemblements simultanés dans plusieurs départements. Le 3 octobre 2026, deux événements étaient programmés :
- Dans le Puy-de-Dôme (63), un rassemblement au rond-point de Pérignat à Aubière, de 9h à 11h, sous le thème « Frexit – Vivre libre et en paix »
- En Haute-Savoie (74), un rassemblement au rond-point de la Grande Mouette à Seynod, de 10h à 11h30, axé sur le Frexit, la paix, le pouvoir d’achat et les énergies
Les deux événements se tiennent sur des ronds-points, un format qui rappelle volontairement la mobilisation des Gilets jaunes. Ce choix logistique n’est pas anodin : il ancre le parti dans une tradition de contestation populaire et périphérique, loin des salles de conférence parisiennes.
Les référents locaux gèrent l’organisation de manière décentralisée, avec des contacts directs (téléphone, mail) publiés sur le site du parti. Ce fonctionnement en réseau de militants bénévoles limite les coûts mais pose la question de la capacité à mobiliser au-delà du noyau militant.

Résultats électoraux des Patriotes : un décalage entre visibilité médiatique et scores
Les Patriotes peinent à convertir leur activisme en résultats dans les urnes.
L’écart entre la visibilité médiatique du président et les scores du parti reste le paradoxe central du mouvement. La couverture presse se concentre presque exclusivement sur la figure de Philippot, rarement sur les candidats locaux ou les structures départementales.
Un parti dépendant de son fondateur
Cette personnalisation extrême distingue Les Patriotes de formations comme Debout la France, qui disposent d’élus locaux identifiés. Le parti de Philippot fonctionne davantage comme un mouvement d’opinion structuré autour d’un porte-parole unique que comme une machine électorale classique.
La stratégie de coalition esquissée à Arras pourrait modifier cette dynamique si elle débouche sur des listes communes ou des accords de désistement. Pour l’heure, aucune alliance électorale formelle n’a été annoncée pour 2027.
Le positionnement des Patriotes reste celui d’un mouvement de témoignage souverainiste dont la capacité à peser sur le scrutin présidentiel dépendra moins de ses scores propres que de sa faculté à imposer ses thèmes (Frexit, OTAN, politique étrangère) dans le débat public des prochains mois.



